Comprendre comment le nazisme organise l’anéantissement des Juifs et des Tsiganes, des ghettos aux centres de mise à mort, entre 1939 et 1945.
Antisémitisme d’État et début des massacres (1935-1941)
À la suite des lois de Nuremberg en 1935, le régime nazi impose un antisémitisme d’État. Dès l'invasion de la Pologne en septembre 1939, les Juifs sont isolés dans des ghettos surpeuplés (Varsovie, Łódź) où la famine et les maladies tuent massivement. À partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, les unités mobiles appelées Einsatzgruppen procèdent à des exécutions systématiques par fusillades : c’est la « Shoah par balles ». Le massacre de Babi Yar (septembre 1941) en est un exemple tragique avec 33 771 victimes en deux jours.

La « Solution finale » et l'extermination industrielle (1942-1945)
Fin 1941, les nazis planifient l’extermination totale des Juifs d’Europe : la solution finale. La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) coordonne administrativement les déportations vers les centres de mise à mort (Belzec, Sobibor, Treblinka, Auschwitz‑Birkenau). Contrairement aux camps de concentration destinés au travail forcé, ces centres sont conçus pour tuer dès l’arrivée, souvent par gazage.
Heinrich Himmler : chef de la SS, il supervise l'ensemble du système concentrationnaire.Reinhard Heydrich : organise la conférence de Wannsee et impulse la coordination du meurtre de masse.Adolf Eichmann : gère la logistique des déportations (trains, quotas).
Le génocide des Tsiganes (Porajmos)
Les Tsiganes (Roms et Sintis) sont également visés par une politique raciale qui mène au Porajmos. Après un fichage et des internements accrus dès 1938, les déportations s'intensifient en 1942. À Auschwitz‑Birkenau, les familles sont regroupées dans un camp spécifique, le Zigeunerlager, qui est finalement « liquidé » dans la nuit du 2 au 3 août 1944.
Bilan et repères essentiels
- Victimes juives : environ 6 000 000 de morts.
- Victimes tsiganes : entre 200 000 et 500 000 morts.
- Auschwitz‑Birkenau : plus de 1,1 million de victimes (majoritairement juives), symbole du génocide.
- Libération : 1945, découverte de l'ampleur des crimes par les Alliés.
Définitions
- Antisémitisme d’État
- Politique officielle qui discrimine, spolie et persécute les Juifs en utilisant la loi, la police et l’armée.
- Ghetto
- Quartier fermé où des populations juives sont regroupées de force, dans des conditions de vie mortelles (faim, maladies).
- Einsatzgruppen
- Unités mobiles SS-police suivant l’armée allemande pour arrêter et exécuter les Juifs dans les territoires soviétiques occupés.
- Shoah par balles
- Assassinats de masse par fusillades, principalement en URSS occupée, de 1941 à 1943.
- Solution finale
- Décision nazie d’exterminer tous les Juifs d’Europe par la déportation et le meurtre systématique.
- Conférence de Wannsee
- Réunion de hauts responsables nazis (20 janvier 1942) pour organiser administrativement la « solution finale ».
- Centre de mise à mort
- Site dont l’unique fonction est de tuer à grande échelle (chambres à gaz), sans détention prolongée.
- Camp de concentration
- Lieu d’internement et d’exploitation par le travail forcé ; distinct du centre de mise à mort.
- Porajmos
- Terme romani signifiant « dévorer » : désigne le génocide des Tsiganes par le régime nazi.
- Zigeunerlager
- Quartier tsigane d’Auschwitz‑Birkenau, séparé des autres détenus, avant sa liquidation en 1944.
À retenir
Ces crimes fondent les procès d’après‑guerre : prochain sujet, comment Nuremberg invente une justice internationale pour qualifier et juger les responsables.