Les figures de style permettent d'amplifier ou d'adoucir un propos pour créer des effets expressifs.
Hyperbole, euphémisme et litote
Ces trois figures jouent sur l'intensité du propos.
Exemples commentés
- Hyperbole : « Je meurs de soif ! » (alors qu'on a juste très soif). L'exagération rend le besoin plus intense.
- Euphémisme : « Il nous a quittés » (pour dire qu'il est mort). L'expression adoucit la brutalité de la réalité.
- Litote : « Va, je ne te hais point » dans Le Cid (pour dire « je t'aime »). Chimène suggère son amour en niant la haine.
Accumulation, gradation et polyptote
Ces trois figures créent des effets d'intensification par la répétition ou l'énumération.
Exemples commentés
- Accumulation : « J'ai vu des montagnes, des vallées, des forêts, des rivières ». L'énumération crée un effet de profusion.
- Gradation : « Va, cours, vole et nous venge » dans Le Cid. Les verbes s'intensifient progressivement, créant un effet d'urgence.
- Polyptote : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » (Pascal). Le mot « raison » varie entre nom commun et concept philosophique.
Anaphore, épiphore et anadiplose
Ces figures reposent sur la répétition positionnée de mots ou de groupes de mots.
Exemples commentés
- Anaphore : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! » (De Gaulle). La répétition de « Paris » en début crée un effet d'insistance dramatique.
- Épiphore : « on m'a dérobé mon argent. rends-moi mon argent! » (Molière). La répétition crée un jeu comique.
- Anadiplose : « L'amour fait rêver, rêver fait vivre ». Le mot « rêver » termine la première proposition et commence la seconde.
Astuce
Pour retenir : « ana- » vient du grec et signifie « en remontant », donc l'anaphore remonte au début ; « épi- » signifie « sur », donc l'épiphore pose sur la fin.
Pléonasme et prétérition
Le
Exemples commentés
- Pléonasme volontaire : « Je l'ai vu de mes propres yeux » (Hugo). La redondance renforce la certitude du témoin.
- Pléonasme involontaire (erreur) : « Monter en haut », « descendre en bas » sont des maladresses à éviter.
- Prétérition : « Je ne parlerai pas de son incompétence notoire ». En disant qu'on n'en parlera pas, on en parle quand même, ce qui attire l'attention.
Astuce
Pour le pléonasme, distingue bien le pléonasme volontaire (figure de style) du pléonasme involontaire (erreur de français). Le contexte te permet de faire la différence.
Définitions
- Hyperbole
- Figure qui consiste à exagérer pour amplifier une idée ou une émotion.
- Euphémisme
- Figure qui consiste à atténuer une réalité désagréable ou choquante par une expression plus douce.
- Litote
- Figure qui consiste à dire moins pour suggérer plus, souvent par la négation du contraire.
- Accumulation
- Énumération de plusieurs termes ou expressions pour créer un effet d'abondance ou d'insistance.
- Gradation
- Succession de termes disposés selon un ordre croissant ou décroissant d'intensité.
- Polyptote
- Répétition d'un même mot sous différentes formes grammaticales (conjugaison, dérivation).
- Anaphore
- Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots en début de phrases ou de vers successifs.
- Épiphore
- Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots en fin de phrases ou de vers successifs.
- Anadiplose
- Reprise du dernier mot d'une phrase au début de la phrase suivante, créant un effet de chaîne.
- Pléonasme
- Répétition d'une même idée par des mots différents pour créer un effet d'insistance. Attention : certains pléonasmes sont des erreurs de langage.
- Prétérition
- Figure qui consiste à dire qu'on ne va pas parler de quelque chose tout en en parlant.
À retenir
Tu maîtrises maintenant les figures d'insistance et d'atténuation. Passons aux figures de substitution et de suggestion !